Le récit s'organise tant bien que mal et vous suivez comme vous pouvez
C'est quand même extraordinaire, vous êtes toujours là, vous voulez en savoir plus. Et bien je vais vous dire.

Vous vous rendez compte de la situation ?
Qu'est-ce qu'il y avait après la forêt ? quand je suis revenu de votre côté, de mon ancien seul côté du monde avant le partage, la scission. C'est ça, vous pensez que je suis schizophrène légèrement autiste profond, eh bien n'y pensez plus, vous ne vous rendez absolument pas compte de la situation.
Ah oui, les radiations...
Je sais ce que vous pensez : Il a couru comme un fou. Mais vous ne comprenez pas ?
Allez, courage, essaye encore d'expliquer, de témoigner. Je me dépêche, car vous ne le savez probablement pas, mais d'un côté, de l'autre, ça ne dépend pas de vous, de votre habileté ou de votre maladresse. Du moins pas que je sache. Je l'ai expérimenté suffisamment, bien trop souvent, pour affirmer avec conviction et détermination que vous passez, c'est tout. Sans savoir comment, brusquement vous êtes de l'autre côté, du mauvais, du bon. Voilà pourquoi je me dépêche de vous dire, pendant que je suis encore du même côté que vous.
Sombre est la nuit, clair le jour, ce n'est pas si simple, les jours et les nuits, vous n'avez pas idée de la complexité, le présent, le passé, tout finit par se mélanger, les frontières s'évanouissent, les territoires se rejoignent, pourtant vous vous y retrouvez, très bien, dans cette continuité, vous sautez des étapes, pas toujours de la même façon, vous sautez à saute-mouton sans difficulté, c'est votre histoire après tout, vous la connaissez par coeur, bon, elle change de temps en temps, les autres vous le rappellent parfois, mais quelle importance ? c'est votre ressenti, ce que vous croyez, c'est votre vie de maintenant ce passé mélangé au présent, ces rêves d'avenir, ces projets, ces attentes, ces désirs, tout ce qui vous passe par la tête et que vous oubliez parfois dans l'instant. Non ? pas vous ? allez, avouez tout, dites-nous votre pensée profonde, je vous entends vous savez (menteur).
Alors on continue ? Oui, j'ai entendu, parfaitement, vous avez dit : ce délire, vous avez pensé on continue ce délire.
Bon, ça suffira pour aujourd'hui. J'en ai par-dessus la tête : continuez tout seul, moi j'en peux plus.
Dommage.