Quand tout se précipite et qu'on ne sait plus quoi penser

Quand ça balance, il faut se concentrer
A la réflexion, je me demande si c'est une bonne idée. Tout vous dire, tout vous raconter. Si par hasard vous basculez vous aussi (de l'autre côté du monde, j'ose à peine le murmurer), cela n'aura pas servi à grand-chose de vous avertir. Moi-même, après tous ces allers-retours, ces trains de nuit, balades au soleil, ces rêveries de jour, ces rêves, endormi, je ne sais toujours pas par quel mystère de la nature on décroche et tombe. Pas mort, je vous assure. De l'autre côté, ce n'est pas pareil. D'un côté à l'autre, balancé d'un côté à l'autre, devrai-je dire.
Comme lorsque je trébuchais là, devant la cheminée, un feu d'automne brûlant les premières bûches séchées de l'été précédent. J'ai vu, dans la flamme tremblotante d'une branche de merisier au parfum de miel, vous savez quoi ? J'ai vu là, un dragon. Parfaitement, un dragon volcanique tout feu tout flamme.
Il pleuvait ce jour-là, une autre fois. La pluie était prévisible, probable même, pourtant je me disais : pourvu qu'il ne pleuve pas pendant que nous sommes au cimetière. Evidemment, il a plu dru, d'un seul coup, sans éclair ni tonnerre. Toutes larmes lavées par la pluie, le cortège funèbre s'évapora et, avec d'autres (c'est ça, les autres, ce qui manque le plus de l'autre côté du monde (mais je n'y pense pas (pas le temps), j'ai autre chose en tête), perdu dans mes pensées), je me précipitais à la recherche d'un abri temporaire. Les bruits de pas sur le gravier de l'allée, un bruit rocailleux dans la brume de pluie d'automne.
Pas faire commentaire sur pensées en l'air
Médire et se moquer de mes idées
Pire, dire qu'on sait quand on devrait se taire
Pas sourire comme en terre quand mort enterre
Les 6 dés sont jetés c'est décidé
Il ment décidément sait pas quoi faire.