Une pause, le temps d'un soupir
Et voici que je me réveille d'un cauchemar. Brume de mare de cauche, j'ai le coeur qui bat. Mais le temps de me réveiller, il me vient à l'esprit que ce ne sont ni des façons d'éveillé, ni des façons d'endormi. Ce cauchemar n'en est pas un. Plongé dans ce conte à dormir debout, je ne dormais pas. Pas du tout.
L'esprit clair à présent que je suis sorti momentanément de ces divagations délicieuses, je peux affirmer ceci : quand je vagabonde en compagnie des personnages qui se présentent à mon esprit endormi, c'est comme si je passais par magie d'un livre à l'autre, sautant de façon inattendue d'un roman à une pièce de théâtre, puis à un autre roman. Ces personnages un peu familiers, un peu étrangers, je les vois, je les entends, je plonge avec délices dans leurs aventures en miettes.
En fait, quand j'y pense, je trouve cela un peu bizarre, alors que dans cet espèce de demi-sommeil, dans cette torpeur agréable, cette langueur à flotter entre le jour et la nuit, le rêve et la conscience, je trouve cela parfaitement naturel.
Je pourrais me demander si je ne suis pas un peu dingo. Mais non. Pour moi, la vie simple et tranquille, sans interrogations inutiles me suffit, me convient, bien. Très bien.
Plus j'y pense et plus je me dis que je vis entouré de bouts de textes échoués là sur le bord du rivage d'une fiction improbable. Comme si j'assistais, dans une salle de cinéma perdue je ne sais où dans les brumes de mon insouciance, à la projection d'un conte bizarre qui raconte une histoire énigmatique.
Il faut avouer que, pour le moment, je n'ai pas compris grand-chose, mais l'expérience est si fascinante que je poursuis mon aventure étrange, entendant bien la mener à son terme.
Brume, brume... loin des bruits et hurlements du monde réel... je plonge à nouveau en mer d'histoires et de tranquillité... je m'enfonce... bloup bloup...