Chapitre 1
J'entre dans la salle des archives et je me promène entre les rayons, cherchant des livres susceptibles de m'intéresser. Quelques belles poutres ornent le haut plafond. Le soleil de début d'été filtre par les fenêtres ouvertes sur le jardin, d'où proviennent des gazouillis d'oiseaux.
Parfois, un souffle d'air pénètre par la fenêtre ouverte, agitant silencieusement les rideaux blancs. Le vent sent la marée. Il n'y a rien à redire au confort du canapé. Un vieux piano droit occupe un coin de la pièce. J'ai tout à fait l'impression d'être en visite chez des amis.
Confortablement installé sur le canapé, j'observe les alentours et me rends compte que ce salon est exactement l'endroit que je cherchais depuis longtemps. Un endroit secret, tapi dans un creux du monde, exactement comme celui-là. Mais jusqu'ici ce lieu n'existait que dans le secret de mon imagination. Je n'arrive pas encore à croire tout à fait qu'il existe réellement. Je ferme les yeux, inspire profondément, et il s'installe doucement en moi, comme un doux nuage.
Tandis que nous errions cherchant notre chemin, tout à coup, au beau milieu d'une pièce, je me sentis caressé au visage par une main invisible, alors qu'un gémissement, qui n'était pas humain et n'était pas animal, se répercutait jusqu'à la pièce voisine, comme si un spectre rôdait de salle en salle. J'aurais dû être préparé aux surprises que nous réservait la bibliothèque, mais une fois de plus je fus terrorisé et fis un bond en arrière.
Le sentier humide zigzaguait comme ceux de mon enfance. Nous arrivâmes dans une bibliothèque de livres orientaux et occidentaux.
Personne ne pensa que le livre et le labyrinthe étaient un seul objet.
Je laisse aux nombreux avenirs (non à tous) mon jardin aux sentiers qui bifurquent. La phrase nombreux avenirs (non à tous) me suggéra l'image de la bifurcation dans le temps, non dans l'espace. Il me sembla que le jardin humide qui entourait la maison était saturé à l'infini de personnages invisibles.
Je levais les yeux et le léger cauchemar se dissipa.