Entre prune et muscat
L'été a enlevé sa parure de fête
Pas à pas, en silence et sans se retourner
Lentement il s'éloigne
Sous le bleu fané du ciel d'automne
Roi détrôné
En route vers un lointain exil
Il a passé ses pouvoirs à son fils
Le poète
Qui se promène en rêvant
Dans l'or des treilles
Croquant de-ci, de-là quelque raisin vermeil
Polissant quelques vers
Sur la douceur du temps
L'envol des hirondelles
Et la beauté des soirs alanguis de septembre
Quand se glisse la lune
Entre prune et muscat
Il se soucie bien peu des neiges de décembre
Il savoure l'instant
Il écoute le temps
Chanter son aria.