La fortune du poète

Soleil d'automne

Pâle et tendre dans le ciel de lavande

ruisselant le long des arbres

parés d'or et de pourpre

pour une dernière fête.

 

Une brise légère court dans les feuillages

si légère

Que le rouge-gorge surpris dans le buisson

À peine a ressenti un frisson sur son aile.

 

Le bouleau a frémi

Et sur le sol jonché de feuilles mortes

Un dernier sequin d'or est tombé mollement.

 

Silence de la terre qui sait

Et garde son secret

Gloire et défaite

Mort et résurrection...

 

Sur l'herbe en cendres

Une fortune éphémère

Offerte au poète.

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