L'orage
Le matin transparent efface d'un sourire
L'orage maraudeur qui secoua la nuit
Sur le jardin blessé, déjà le soleil luit
Et la vie
Partout c'est le désastre et les branches cassées
Les papillons noyés et les cadavres de fleurs
Les oiseaux apeurés
Et les buissons qui pleurent.
Un petit merle est mort
Et gît sur le gazon comme dormant mort
Les lavandes se courbent en larmes vers la terre
Comme au soir d'une veillée funèbre
Les pleureuses grises et muettes
La terrasse est jonchée de pétales de roses
Et le vent a brisé mon beau mandarinier
Qui trônait comme un prince entouré de sa cour
Parmi les géraniums et les belles-de-jour.
Devant notre maison, je regarde en silence
Mon merveilleux prunier tout près de la récolte
Amputé de moitié, mutilé mais debout
Comme un pauvre soldat après une bataille.
Mais déjà un pinson lance sa ritournelle
De son chant saluant le soleil qui ruisselle
Mais la nature sans vie se relève, panse ses plaies
Sur ce qu'avait détruit et saccagé l'orage
Face à l'adversité plus forte que sa rage.
Sévrier - Été 1995