Dans la rosée du soir

Les Avollions à Sévrier, dessin de Janine Bouchut
La nuit silencieuse voilée comme une parque
S’avance les pieds nus dans la rosée du soir.
Et le lac frissonne dans un rêve de brume.
Vois,
L’écume des vagues festonne le rivage
Ainsi qu’une dentelle à sa nappe de nuit.
Comme une aile la brise caresse nos visages
Et rafraîchit nos cœurs d’un souffle de jeunesse.
Laissons glisser le temps,
Laissons glisser la vie...
Le bonheur tant cherché s’est arrêté ici...
S’il manque quelques pièces,
Le reste nous suffit
Pour attendre celui qui nous rassasiera...
Savourons cette paix qui nous tombe des cieux,
Et la douceur d’aimer
Et de vieillir ensemble,
Et cheminer à deux dans la rosée du soir...
L’étoile de nos vies luit au cœur de l’espace
Comme poussière d’astre qui un jour s’éteindra.
Mais poussière divine notre âme survivra
Éternellement jeune,
Éternellement vive.
Au soleil infini de l’amour ébloui...
Automne 1994