Première approche pour apprivoiser le problème et tenter d'y voir plus clair

Vous avez certainement expérimenté, je veux dire constaté, pris conscience de cette sorte de disparition apparition, de cette espèce d'évanouissement réveil, lorsque justement vous vous réveillez. C'est ainsi : vous vous préparez à dormir, ou parfois vous essayez de vous endormir, l'esprit préoccupé, des idées se bousculant dans votre tête et puis plouf !... vous vous êtes endormi sans vous en rendre compte. Ce n'est qu'au réveil que vous pouvez faire ce constat. Vous vous étonnez peut-être de vous réveiller, aussi brusquement et fatalement que vous vous êtes endormi.

Si vous vous souvenez avoir rêvé, si quelque mémoire vous vient de votre rêve, alors vous constatez que d'une certaine manière vous avez vécu deux vies différentes : celle du jour précédent (vous êtes en train de constater le lendemain matin), début de nuit au lit inclus, et celle de nuit, à partir de l'instant où vous vous êtes endormi. Si vous vous êtes réveillé pendant votre sommeil, cela ne fait que fragmenter vos deux vies, ce qui est habituel, des vies fragmentées.

Et bien sûr, vous savez que pendant votre sommeil vous étiez dans votre lit, endormi. Vous savez que votre rêve était dans votre tête, sur l'oreiller, votre corps dans votre lit, votre chambre, chez vous. Pourtant votre ressenti au réveil de rêve était tout autre : un sentiment bien réel de vie bien loin de votre lit.

Alors chaque fois que vous vous réveillez, vous vérifiez. Vous vérifiez que votre compagne ou compagnon dort bien là, à côté de vous, dans votre chambre. Mais vous ne pouvez repousser la pensée : il est là ou elle est là à côté de moi, maintenant. C'est ce que je vois maintenant, mais qu'en est-il quand je dors ? Bien sûr, il ne vous vient pas à l'esprit de passer une nuit blanche à surveiller, car ayant constaté sa présence endormie toute la nuit, il vous faudrait encore vérifier le lendemain, le jour suivant...

Voilà ce qui peut vous faire entrevoir ma nouvelle réalité des deux côtés.

Essayez juste, pour rire, de vous dire : que se passerait-il si ce qui est tout-à-fait impossible, une vie éveillée de jour et une vie endormie de nuit ailleurs que dans mon lit, si cette impossibilité devenait réalité (par on ne sait quel mystère ?), que se passerait-il dans mon corps-esprit résolument hostile à cette possibilité ?

Bien sûr c'est idiot, vous vous dites. Vous vous débarrassez du problème parce que ce qui m'est arrivé ne vous est jamais arrivé. A vous.

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