Je vois, j'entends, je sens et je ressens
Almandine est allongée sur son lit.
Elle lit.
Un livre sur la PNL. Richard Bandler et John Grinder : la programmation neuro linguistique ; une conception de la communication et du comportement humains, mis au point à partir de 1975. Soudain, elle pose le livre à plat sur le lit pour garder la page.
- Tu te rends compte, Raï, si on veut se faire comprendre, il faut retourner à l’école primaire.
Raïssa lève le nez de son livre.
- À l’école primaire, qu’est-ce que tu racontes ?
- Rappelle-toi l’instituteur qui aide ses élèves à développer leurs perceptions et à enrichir leur langage pour mieux exprimer ce qu’ils ont observé : ouvrons nos yeux pour regarder voir, ouvrons nos oreilles pour écouter entendre, percevons avec tout notre corps pour sentir et ressentir les goûts, les odeurs, les mouvements et sensations corporelles.
- Les 5 sens, d’accord. Mais à quoi ça nous sert de développer nos perceptions ?
- D’après Bandler et Grinder, je pense et je m’exprime comme je perçois la réalité. Dans notre communication avec les autres, plus on utilise un langage abstrait, plus on accumule les incompréhensions. Alors qu’on arrive mieux à se faire comprendre en utilisant un langage sensoriel.
- Ah !
- D’autre part, ouvrir ses yeux et ses oreilles, c’est la seule façon de sortir de ses pensées quand elles sont décourageantes, déprimantes, désespérantes.
- Mais enfin, Almandine, penser, méditer ne conduisent pas forcément au suicide, tout de même.
- Naturellement. Par contre, observe ce qui se passe lorsque tu te mets à penser à ton passé. Je pense à ce que j’ai fait ou à ce que je n’ai pas fait, à ce que j’aurais dû faire ou dire. Et que se passe-t-il ?
- Je me dis que je suis une imbécile, une idiote, que c’est ma faute si j’ai échoué. Bon d’accord. Je vais déprimer si j’insiste à ce petit jeu. Mais enfin, il y a aussi les bons souvenirs. La cuisine de grand-mère, par exemple.