Autoroutes d'informations
Ambiance d’une maison calme, à la campagne, pas encore animée par les bruits de la vie domestique.
En arrivant du lycée, Alfrèdo se précipita dans la cuisine après avoir laissé ses affaires sur un fauteuil du séjour, ouvrit la porte du frigo et chercha s’il n’y avait pas, par hasard, un truc bien frais à boire, style jus d’orange à défaut d’un simple sirop de cassis. Mais, oh surprise, il y avait du coca et là, il n’y avait pas à hésiter bien sûr. Pourtant il se demanda l’anniversaire ou la fête de qui cela pouvait bien être aujourd’hui ? Et comme il ne trouva rien et que la bouteille était déjà entamée, il se servit un grand verre de sa boisson préférée.
Pendant qu’il dégustait son coca en regardant par la fenêtre, il entendait la voix d’Izoé, provenant de sa chambre au bout du couloir ; elle devait expliquer quelque chose à leur mère. Dans le soleil de cette fin d’après-midi, encore haut, au-delà du jardin en fleurs, la masse sombre du clocher de l’église du village, une petite église romane assez trapue, s’inscrivait à contre-jour à côté d’un grand chêne.
Mais, que voyait Alfrèdo en réalité ? Que se disait-il en regardant par la fenêtre, absorbé dans ses pensées ?
Il posa son verre sur l’évier, descendit ses affaires dans sa chambre et jeta un coup d’oeil machinal à la boîte aux lettres de son ordinateur. Il y avait un message de Mamy et un autre de Mélodie. Saint Bal l’informait d’autre part que l’abonnement auprès du fournisseur d’accès à Internet venait de prendre fin.
Chica ! se dit-il, en pensant à cette catastrophe redoutée depuis quelque temps déjà. En effet, son père avait trouvé les dernières notes de téléphone particulièrement salées. Il avait essayé de plaider qu’Internet ne coûtait qu’une communication en tarif local à chaque connexion et qu’il faisait attention à éviter les services payants ; quand tu sais surfer sur le web, c’est incroyable tout ce qui est gratuit, mais rien à faire. Il ne pouvait tout de même pas dire à son père de régler ses comptes avec Izoé qui passait des heures au téléphone avec l’un ou l’autre de ses innombrables admirateurs.
Il commença par le message de Mamy, ce qui lui laissait le temps de se préparer à lire le message de Mélodie.
Mon cher Alfrèdo,
Ce vase me tracasse. Si tu as le temps, je ne veux pas t’empêcher de faire tes devoirs, j’aimerais que tu me cherches, avec ton ordinateur qui sait tout faire, la liste des musées burgondes à travers le monde.
Ta Mamy qui t’aime.
Alfrèdo était plutôt perplexe, même après avoir relu le message. La liste des musées burgondes à travers le monde, ça risquait d’être plutôt impressionnant. Qu’est-ce que Mamy pouvait bien avoir en tête ? Elle n’allait tout de même pas faire le tour du monde pour récupérer son vase ! Et puis, s’il avait été volé ce n’était pas pour le mettre dans un autre musée.
Pourtant, une intuition lui disait que Mamy était sur la bonne piste. Mais, quelle piste pouvait bien avoir inventé Mamy ? ça, c’était un mystère pur et simple, comme elle avait l’habitude de dire.
Le message de Mélodie commençait ainsi : Alfrèdo de mon coeur, how are you ? Tu verrais, ici c’est complètement michi (très excitant). Je me suis fait un copain : Doug, il est chou avec sa casquette de base-ball. Il m’a dit qu’il m’emmènerait voir des matchs.
Pour le moment, Alfrèdo ne trouvait pas ce message complètement michi, mais plutôt chica (très désagréable) ; enfin, il se disait en même temps que, si Mélodie était partie aux États-Unis, c’était justement pour parler anglais et se faire des nouveaux amis. Alors, il continua sa lecture de meilleure humeur et comme par magie, la suite lui parut plutôt sympa, lui faisant battre le coeur d’un sentiment nouveau.
Quand il eut fini de planer dans un bonheur extraterrestre et sans nuages, il rédigea un message affectueux qui ronronnait en parfait accord avec les mots de Mélodie.
Ensuite, il rêvassa pendant quelques minutes, passant en douceur des pensées câlines pour Mélodie à ses préoccupations actuelles : la demande de Mamy. Il prenait tout son temps pour prolonger sa rêverie, parce qu’en fait il savait déjà que répondre à la demande de Mamy soulèverait un nouveau problème : Internet. Elle était marrante Mamy, mais comment allait-il s’y prendre, maintenant, pour se brancher sur Internet sans se faire secouer par son père ? Et d’un seul coup, il eut un coup au coeur en prenant la mesure de l’ampleur du problème. Le message qu’il venait de rédiger à l’intention de Mélodie, comment l’enverrait-il ? Pire encore, comment pourrait-il lui envoyer régulièrement des messages, s’il ne pouvait pas utiliser Internet ? Son esprit était tellement obnubilé par cette angoissante question existentielle, qu’il n’envisagea pas un instant l’éventualité de lui envoyer des lettres par La Poste (on était en 1996, non ?), encore moins d’attendre cet été le retour de Mélodie (vous n’y êtes vraiment plus, ou alors vous ne savez pas ou vous ne savez plus ce que c’est que d’être amoureux). D’ailleurs, rentrerait-elle cet été ? peut-être pas, puisqu’elle venait tout juste de partir aux États-Unis. Et si, pour rentabiliser son voyage, elle restait toute l’année ? et l’année scolaire suivante ? l’horreur. Il préféra glisser sur cette pensée hyperdécourageante, en se concentrant sur Internet.
Il se demandait comment il allait pouvoir se connecter. En même temps, il avait le sentiment que la solution était déjà trouvée, même s’il ne savait pas encore précisément laquelle. Alors, son état d’esprit se modifia et il prit tout son temps, il prolongea ce moment de répit au point de savourer un plaisir aigu, une jouissance intellectuelle, comme il aimait prolonger cette agréable torpeur un peu abrutissante d’une sieste en pleine chaleur d’été, en se disant dans un demi-sommeil que la terre pouvait bien encore tourner un moment toute seule et que ce serait si bon d’émerger à une heure plus douce de l’après-midi, lorsque le soleil aurait avancé un peu plus vers son déclin et sa chute vespérale.
Puis, de son lit où il s’était allongé pour savourer l’instant, Alfrèdo exécuta une pirouette de son invention et se retrouva, par allez savoir quelle magie ou coup de pot, assis sur son tabouret face au clavier de son ordinateur qui crépitait déjà de ses Tiki-tiki-tiki-tac... habituels. Sur l’écran s’afficha la ligne suivante :
- T’as une idée Bal ?
Une autre ligne s’inscrivit immédiatement à la suite, réponse ou plutôt question de Saint Bal :
- Une idée pour quoi faire ?
- Pour se brancher sur Internet.
- Facile : faut renouveler l’abonnement.
- Non, autre chose.
Là manifestement, le silence, si on peut dire, qui suivit la dernière proposition pleine de sous-entendus d’Alfrèdo ne laissait aucun doute sur la perplexité de Saint Bal, pourtant habile aux piratages.
- Mr Tsong... finit par inscrire Alfrèdo, après une longue hésitation.
À nouveau Saint Bal restait muet, mais peut-être que cette fois-ci il était vraiment secoué. Au bout d’un moment, une nouvelle ligne s’afficha à l’écran, la réponse de l’ordinateur :
- C’est possible.
Comme Alfrèdo ne réagissait pas Saint Bal précisa :
- Je peux m’introduire dans l’ordinateur central des services internationaux de la police judiciaire d’Annecy.
Après quelques hésitations, Alfrèdo donna son accord. Le disque dur se mit instantanément à crépiter sa petite musique habituelle d’intense activité, tandis que le voyant rouge correspondant clignotait. Saint Bal en aurait probablement pour un bon moment à essayer des milliers de codes d’accès, à calculer d’innombrables mots de passe improbables, mais possibles en toute logique. Et des milliards de 1 et de 0, combinés en une multitude étourdissante d’octets, se mirent à composer secrètement au coeur de la machine des nombres à 8 chiffres qui partaient aussitôt se fracasser contre le mur de silence qu’offraient au visiteur trop curieux les circuits à processeurs de l’ordinateur central des services internationaux de la police judiciaire d’Annecy. Tout ça dans la plus parfaite indifférence des personnels de l’établissement public, complètement ignorants de ce qui se tramait dans l’ombre cuivrée des lignes téléphoniques, chacun ayant, pour sa part, bien d’autres chats à fouetter que de s’occuper de savoir si l’un des milliers de jeunes de la région annécienne, ou de France ou d’ailleurs, n’était pas en train de forcer la vigilance d’un système informatique réputé inviolable.
Alfrèdo, qui n’avait probablement rien envie de faire en attendant, sortit de sa chambre comme un ressort contraint qu’on relâche d’un seul coup. Il monta l’escalier en courant, se précipita dans la cuisine où il ne sut plus trop quoi faire, hésita, fit plusieurs fois le tour de la table, puis, toujours à court d’idée ou complètement absorbé par ses pensées, partit jeter un coup d’oeil au salon, vide et muet de télé et dans les autres pièces, désertées elles aussi. En fin de compte, il redescendit au sous-sol et se dirigea vers la chambre de son jeune frère, située juste en face de la sienne.
Basili était là, bien trop content d’abandonner ses maths ou je ne sais quel truc idiot que les profs vous donnent à faire le soir à la maison, comme si ça ne suffisait pas de passer des journées entières à se connecter les neurones à l’école, au collège, au lycée, plus tard à la fac ou dans une grande école, et cela pendant des semaines, des mois, des années. Basili en tout cas, au moment précis où son frère pointa son nez à la porte de sa chambre, dut probablement penser que ça suffisait pour le moment, vu la vitesse avec laquelle il se précipita sur son synthé, le beau, le grand, le magnifique, qui trônait au milieu de la chambre entre le lit et le bureau, un synthétiseur particulièrement performant qu’il s’était offert pour Noël, liquidant toutes ses économies et avec la complicité de toute la famille.
Ce geste franc et direct fit rire Alfrèdo, surpris par le brusque revirement de son frère, qu’il avait aperçu si attentif et appliqué sur son travail scolaire, un instant plus tôt au moment où il avait ouvert la porte de sa chambre.
- Alors Base, quand est-ce qu’on pourra l’écouter ce concert techno ?
La bonne bouille de Basili s’épanouit aussitôt et il répondit :
- Oh ! pas encore. C’est pas comme avec l’autre où j’avais des rythmes et pleins d’accompagnements ; là-dessus il faut tout faire...
- Un vrai synthé de musicien.
- Oui, ajouta Basili, très flatté et ravi du compliment.
Musique de synthétiseur : quelques notes pour essayer, des tentatives de rythmes différents, puis musique assez forte aux sonorités changeantes selon les instruments de musique choisis.
Il s’échauffa en pianotant quelques phrases musicales inachevées et sans cesse renouvelées, tandis qu’il traficotait à chercher le réglage des paramètres le mieux adapté à son humeur du moment, hésitant, avec une petite pointe d’anxiété, entre plusieurs possibilités instrumentales, jusqu’à ce qu’Alfrèdo lui envoie le signal d’approbation attendu :
- Ton motif juste avant, c’était bien, tu sais.
Et Basili repartit aussitôt sur un morceau qu’il développa et enrichit jusqu’au moment où Alfrèdo le rejoignit au clavier. Ils improvisèrent alors une musique planante et délirante, en s’alternant, en jouant ensemble tantôt d’un côté, tantôt de l’autre du clavier. Il ne s’agissait pas de ces musiques où l’un des musiciens accompagne l’autre, mais d’une musique composite où deux parties indépendantes dialoguent, en recherchant une communication en rapport l’une de l’autre ; il s’agissait de musiques branchées, essayant de confronter harmonieusement deux points de vue, deux écoutes différentes, en un ensemble complémentaire et indissoluble.
Un chant d’amour en quelque sorte.
Le temps passe vite de la sorte et il fut rapidement l’heure de passer à table, c’est-à-dire de mettre le couvert et d’aider à quelques menues tâches avant de s’installer autour de la table familiale et de manger en écoutant la télé réanimée depuis l’arrivée du père, Wolf, en fin d’après-midi.
Quand Alfrèdo retourna dans sa chambre au moment du journal de 20h, il trouva l’ordinateur avec son écran de veille habituel, un faisceau de 4 courbes aux couleurs changeantes sur fond noir (pour économiser l’écran) qui dessinait des motifs aléatoires dans une succession lente et fascinante de transformations. C’était le signe qu’il avait terminé son travail ou qu’il n’avait pas pu aboutir.
Alfrèdo alla s’asseoir sur son lit. Il fixait des yeux sans le voir cet esprit coloré qui dansait dans le silence de la petite fenêtre ouverte sur la nuit.
Puis, il se leva et appuya sur une touche du clavier. Une page-écran apparut aussitôt, représentant une carte du monde sur laquelle figuraient les fuseaux horaires. Une flèche indiquait un point sur la carte.
- Chicago.
Alfrèdo sourit et cliqua sur Chicago. Immédiatement la carte disparut et fut remplacée par un message de Saint Bal, illustré dans le style BD des Daltons, c’était Joe qui disait dans une bulle :
- Quand tu veux, Alfrèdo.
On entendait les rires et la voix éraillée des autres : Ouais !
Et Rantanplan, qui roupillait la tête posée sur ses pattes avant croisées, rêvait dans une autre bulle : les autoroutes d’informations sont à ta disposition à travers le monde entier : durée illimitée.
Waoooh ! explosa Alfrèdo et, pris d’une frénésie soudaine, il se précipita sur sa batterie pour évacuer le trop-plein d’énergie et la grande joie qui déboulait d’un coup sur les pentes vertigineuses de l’audace et de l’exploit. D’un seul coup, tout devenait simple, grâce au père de Mélodie, complice malgré lui, si on peut dire.
- J’peux entrer ? demanda timidement Basili, depuis la porte de la chambre, qu’il venait d’entrouvrir au moment où Saint Bal envoyait la chanson de Lucky Luke I am a poor lonesome cowboy.
Alfrèdo répondit oui, puis, se levant pour retourner à l’ordinateur, il ajouta :
- Approche, je vais te faire faire le tour du monde.
Il commença à pianoter, pendant que Basili trouvait un siège et repoussait du pied tout un fourbi, pour pouvoir s’asseoir à proximité de l’écran.
- Tu me promets de garder ça pour toi, Base ? demanda Alfrèdo tout en continuant de préparer sa session de communication imminente.
Basili répondit oui, très intéressé et excité par ce nouveau mystère.
- T’es sûr ? insista Alfrèdo.
Basili confirma avec conviction et se mit à lire le message que son frère avait préparé à l’intention de je ne sais quel service, d’une hypothétique université probablement, qui aurait la réponse à la question de Mamy. Cela semblait absurde, et pourtant, à travers le monde il y avait ici ou là une réponse, voire plusieurs, à votre question aussi farfelue puisse-t-elle sembler. En dehors du fait que la plupart du temps il y avait des milliers de serveurs susceptibles de posséder l’information judicieuse dans des dizaines, voir des centaines de milliers de documents. Le seul obstacle à la réponse consistait en ce que l’information pouvait se trouver dans un document qui n’avait pas été mémorisé en fichier informatique et rendu disponible par les circuits logiques de milliers d’ordinateurs, en veille permanente à travers le monde.
Un monde extraordinaire d’informations, de connaissances, de techniques, de savoir-faire, d’idées nouvelles, de théories en tous genres, de pensées, croyances, textes, musiques, images, dessins, photographies, peintures, images de synthèse, images en 3 D, images virtuelles, films, des images et des sons, une apocalypse d’informations et de désinformations, vérités et mensonges, appels au secours, cris d’alarme ou de détresse, insultes et discours de haine, appels au meurtre, messages de propagande, slogans publicitaires, propositions commerciales... des informations rendues soudainement disponibles à n’importe lequel des presque 6 milliards d’humains habitant notre planète bleue, sous réserve qu’il puisse, d’une façon ou d’une autre, se connecter à ce gigantesque réseau invisible des autoroutes d’informations, le web, le Net, Internet.
Le texte d’Alfrèdo était un peu alambiqué, tourné de manière trop administrative pour qu’il paraisse naturel, traitant de musées et d’objets burgondes. On ne savait pas trop quelle était l’objectif, la question, ce qui augmenta l’impression de mystère pour Basili et lui donna un sentiment d’importance, comme s’il s’agissait d’un complot international.
- Tu comprends, c’est Mamy qui veut savoir, mais papa ne doit pas savoir, lui.
Après quelques nouvelles manipulations, Alfrèdo ajouta :
- Parce que si tu savais par où vont passer ces messages, avant de s’éparpiller dans la nature, à travers le monde...
- Par où, Alf ? par où vont-ils passer ?
- Par la police.
- Non... t’es dingue !
- T’inquiète, ils n’en savent rien.
- Et si tu t’fais prendre ?
Alfrèdo pivota brusquement sur son siège, provoquant un mouvement de recul de la part de son jeune frère, et lui jeta à la figure d’un ton sec dévoilant une petite pointe de colère :
- Si tu viens faire des ondes négatives, tu peux partir.
Et comme Alfrèdo n’avait pas insisté et qu’il s’occupait de lancer la session de communication, Basili se rapprocha et resta silencieux.
Des pages écran défilèrent, laissant place rapidement à des textes en anglais qu’Alfrèdo parcourait d’un coup d’oeil avant de donner l’ordre convenable, souvent un simple accord par un bref appui de la touche Entrée, sinon un clic souris sur un mot ou un bouton à l’écran, correspondant à ce qu’il voulait obtenir.
Au bout de quelques instants de ce manège, tandis qu’ils attendaient que la dernière page veuille bien changer, c’est-à-dire qu’une nouvelle page s’affiche à l’écran, signe qu’une nouvelle étape dans la communication était atteinte, Alfrèdo donna quelques explications à son frère. Basili l’écoutait avec l’attention et la compréhension que développent la fréquentation de la classe de quatrième et l’habituelle confrontation avec les plus grands et les adultes.
- Bal s’est connecté sur la police et ce sont eux qui envoient notre message à travers le monde pour nous. Comme ça, y a rien à payer. Et puis ça va plus vite.
- On est où, maintenant ? demanda Basili.
- Alors là, j’en sais rien. Peut-être à Tokyo, ou à Singapour, ou à Genève, va savoir.
En fait, il disait ça, mais il pensait : Chicago ? peut-être à Chicago.
La session traîna encore avec d’autres pages en anglais ? Parfois, Alfrèdo devait faire des choix sur l’écran. Puis, il finit par obtenir la réponse qu’il recherchait, sous la forme d’une longue liste, qu’il préféra rapatrier sur son ordinateur avant de la consulter, se disant qu’il aurait bien le temps de le faire tout à son aise par la suite.
Puis, Alfrèdo envoya son message à Mélodie. Pour cela, il n’était pas nécessaire d’afficher le texte à l’écran et Basili ne se rendit même pas compte de ce que faisait précisément son frère.
Quelques ordres et tout fut terminé. Saint Bal s’était déconnecté et l’écran avait repris son apparence habituelle.
Assez décevant, à vrai dire. Mais Basili n’en dit rien, bien trop content de savoir que son frère avait pu se balader en pirate sur les lignes téléphoniques et les réseaux du monde entier.
Alfrèdo, pour sa part, était très fier et satisfait : il avait pu envoyer son message à Mélodie et il avait également obtenu sa liste.
Le fichier informatique, fourni par le serveur d’une université des États-Unis, était mémorisé maintenant sur le disque dur de son ordinateur. Il allait l’enregistrer sur disquette pour archives, puis, dès qu’il aurait le temps de l’exploiter, c’est-à-dire de l’analyser et de le dépouiller de ses informations inutiles (compte tenu de sa longueur, le fichier devait comporter toute une liste de musées sans intérêt pour la recherche actuelle), alors, il pourrait faire, pour Mamy, une sortie sur imprimante de la liste précise des musées dans le monde ayant une collection d’objets burgondes.