Expo à Chicago

Mamy était encore toute retournée d’avoir posé les pieds sur le sol américain. Une vraie histoire de fous, comme elle l’avait bien expliqué à toute la famille avant de partir. Tout avait commencé par une lettre des États-Unis, à l’en-tête de l’université de l’Illinois : un professeur d’histoire cherchait quelqu’un ayant une parfaite connaissance de l’archéologie des objets trouvés dans la région de l’ancienne Sapaudia, pour expertiser des vases datant des premiers siècles avant JC. Suivaient quelques précisions qui laissèrent Mamy perplexe (ils n’avaient donc trouvé personne ?) et très intéressée (archéologie, vases, ces mots l’avaient frappée). Il s’en suivit un échange de courrier qui avait abouti à une invitation officielle à Chicago, tous frais payés, accompagnée d’un billet d’avion.

- T’as vraiment de la chance, Mamy, avait soupiré Alfrèdo.

- Tu te rends compte, Alfrèdo : Chicago, à mon âge. C’est un voyage qui aurait plu à ton grand-père, tu sais.

Prise dans l’évocation des événements de ces dernières semaines, perdue parmi la foule qui se bousculait dans le hall de O’Hare, l’aéroport international de Chicago, tout juste descendue de l’avion qui s’était posé à 15h14 très exactement, Mamy, un peu étourdie par tout ce bruit et tout ce monde, se demandait ce qu’il valait mieux faire en premier : aller récupérer ses valises ou plutôt se présenter à l’accueil. Finalement, elle pencha pour l’accueil et fut ravie de sa décision, parce qu’à partir de cet instant tout se déroula aussi facilement que dans un film de Walt Disney. C’était un monde merveilleux, celui de Blanche-Neige et les 7 nains où, entourée d’étudiants très attentionnés, elle n’eut plus besoin de s’occuper de rien.

Ses hôtes l’emmenèrent au Fairmont Hotel et la laissèrent un moment tranquille pour qu’elle puisse se mettre à l’aise. Un Rendezvous for Romance lui avait été réservé dans cet hôtel de 700 chambres et d’une soixantaine de suites, dont la décoration intérieure style Art déco vous plongeait immédiatement dans une atmosphère de début du siècle. Roses rouges, champagne dans la chambre, mobilier luxueux, c’était éblouissant, bien que Mamy eût l’impression que tout cela aurait mieux convenu à un voyage en amoureux. Et de songer au passé disparu, l’espace d’un instant, un léger voile de tristesse passa sur son regard.

Puis, le regard dans le vague, elle se mit à penser aux voyages qu’ils avaient fait ensemble, elle et son mari : la Sicile, le Maroc, la Yougoslavie. Des dunes du désert marocain au Cap Nord, ils avaient toujours trouvé un coin perdu dans un décor de rêve pour poser leur caravane le temps d’une nuit en amoureux, avant de repartir un peu plus loin. Un sourire s’installa sur son visage fatigué quand lui revint le souvenir de leur nuit, si on peut dire, face au soleil de minuit complètement englouti dans une mer de nuages. Et la caravane ensablée au pied d’un ksar, qu’il avait fallu dégager en faisant appel à un chamelier et ses bêtes. Combien d’aventures rocambolesques causées par curiosité et la distraction sans bornes de son cher et tendre époux. Elle récita pour elle-même la fin de l’un de ses poèmes :

Nous nous sommes aimés,

L’air était tiède et doux...

Et nous étions jeunes

Et nous,

Nous étions fous...

Qu’aurait-il pensé de cette chambre ? se demanda-t-elle assise sur le lit. Il l’aurait certainement trouvée complètement folle et ça l’aurait fait rire. Par la suite, lors de repas de famille, il n’en aurait pas fini de raconter sa fameuse nuit Art déco au Fermont Chicago.

Le téléphone retentit. Tirée de sa rêverie, Mamy entendit un employé de la réception lui demander, dans un français impeccable, si elle acceptait de recevoir une jeune fille du nom de Mélodie Tsong.

- Mélodie... mais, comment sais-tu ? demanda Mamy, quand elle lui ouvrit la porte de sa chambre.

- Bonjour Mamy, lui répondit-elle joyeusement, c’est Alfrèdo, il m’a envoyé un message pour m’expliquer ; alors voilà. Vous avez fait un bon voyage ?

- Épuisant ! se plaignit Mamy sur un ton enjoué, qui fit rire Mélodie tandis qu’elle entrait dans la chambre.

- Mamy, la chambre !.... s’exclama-t-elle, surprise par la décoration luxueuse. Elle fit quelques pas vers la fenêtre et demanda :

- Vous avez vu ? c’est magnifique.

- Ah non, je n’ai pas eu le temps, qu’est-ce que c’est ?

- Le lac Michigan, Mamy, c’est fabuleux ; et juste aux pieds, vous avez Grant Park. Extraordinaire !

Très vite la conversation fut interrompue par un nouvel appel de la réception : Mamy était attendue pour une visite de Chicago.

En bas, inventant un petit mensonge, Mamy se contenta de présenter sa nièce à la jeune hôtesse qui s’avança vers elle et tout fut réglé aussitôt, à la grande satisfaction de Mélodie. Elles furent prises en charge par l’hôtesse, dont les connaissances et la culture séduisirent Mamy.

Elles montèrent toutes les trois dans une voiture américaine qui avait dû être louée avec son chauffeur et fila bientôt sur l’autoroute 41. Le Lake Shore Drive est surplombé de gratte-ciel à l’Ouest et longe la surface argentée du Lac Michigan sur 45 kilomètres. Tout semblait si gigantesque.

Lake Shore Drive

- Epoustouflant, déclara Mamy en regardant les gratte-ciel par la fenêtre, sur sa gauche.

- Voici le Lake Shore Drive Apartments construit en 1952 par Mies van der Rohe, style international, tout de verre et d’acier.

Mamy était partagée entre des sentiments contradictoires d’admiration et de rejet craintif devant la démesure de la ville hérissée de gratte-ciel face au lac sur lequel devaient se déchaîner, l’hiver, les blizzards soufflant du Grand Nord. L’hôtesse leur expliqua qu’il avait fallu un demi-siècle, aux États-Unis, pour que la société accepte cette architecture fonctionnelle, où une petite cellule de base, bureau ou appartement, se répète identique à elle-même sur toute la surface intérieure et, d’étage en étage, sur toute la hauteur de l’immeuble.

- Symbole de la vie anonyme et impersonnelle, provoquée par l’urbanisation trop rapide, suggéra Mélodie.

- Tout à fait, c’est précisément cela que les gens n’ont pas supporté au début du siècle : l’image révélée par l’architecture commerciale transparente de l’École de Chicago, d’une société profondément marquée par le monde des affaires, au point de remettre en cause l’individualisme américain.

Reliance building

L’hôtesse continua en leur récitant une explication qu’elle devait connaître par coeur :

- Avec le début de l’ère des gratte-ciel, de 1880 à 1910 les architectes de l’École de Chicago ont développé une conception de l’architecture en opposition à l’historicisme du 19e siècle et à la mode néoacadémique qui a suivi aux environs de 1910, avec le retour au modèle gréco-romain. En reconstruisant la ville après le grand incendie de 1871, des architectes comme Daniel H. Burnham et John W. Root, Holabird et Roche, Louis H. Sullivan et le remarquable ingénieur Dankmar Adler ont signé le premier acte de naissance de l’architecture moderne, basée sur le langage utilitaire de la nudité des structures et de la transparence : finie l’ornementation inutile qui cache la structure. L’organisation de l’espace intérieur sert de guide à la construction et reste lisible de l’extérieur.

Au bout d’un moment, ils quittèrent le lac et revinrent par le Magnificient Mile : Michigan avenue et ses boutiques de mode. Ils passèrent le métro aérien et le bruit de ferraille de ses rames. Puis, ils s’arrêtèrent pour visiter au pas de course le fameux quartier financier, The Loop, avec ses immeubles d’une autre époque, le Jewelers Building de style rococo, le Chicago Théâtre de style baroque et bien d’autres splendeurs, sans oublier les sculptures abstraites en plein air signées Picasso, Miro, Calder.

Le grand magasin Carson Pirie Scott

Devant le grand magasin Carson Pirie Scott, construit en 1899 par Louis H. Sullivan, l’hôtesse leur parla du fameux architecte.

- Sullivan disait que la forme suit la fonction. Vous pouvez admirer la finesse des éléments porteurs, dit-elle en indiquant le Carson. Grâce au transfert de forces des murs porteurs de l’architecture classique à la nouvelle structure métallique, Sullivan a pu développer des grands espaces intérieurs et percer la façade de centaines de fenêtres ; comme vous pouvez le constater, ces baies vitrées tiennent toute la surface entre les éléments porteurs et laissent pénétrer le plus possible de lumière à l’intérieur de l’édifice.

- De la même façon, les architectes médiévaux ont d’abord utilisé les murs porteurs pour construire leurs églises romanes. Puis en répartissant les forces sur des colonnes, ils ont pu augmenter l’espace intérieur et percer les murs de vastes ouvertures, recouvertes de vitraux. C’est comme ça qu’ils ont bâti leurs cathédrales gothiques.

- Tout à fait ! Si nous avons le temps, nous irons voir le Reliance Building construit par Root et Burnham entre 1890 et 1894, le plus beau gratte-ciel métallique à ossature apparente de Chicago.

- Vous n’avez pas parlé de Frank Lloyd Wright, intervint Mélodie, ce n’est pas lui qui a construit les maisons dans la Prairie ?

- Tout à fait ! Frank Lloyd Wright a été l’élève de Sullivan. Lorsqu’il construit des maisons individuelles, c’est un rebelle qui s’oppose au concept de la boîte architecturale et qui refuse tout académisme. Lui aussi part de la cohérence de la construction avec son objectif, des possibilités et des besoins de son temps. Mais pour lui, cette cohérence intérieur-extérieur lui fait dessiner l’espace intérieur de la maison et son mobilier, un espace qu’il prolonge jusque dans la nature.

- C’est comme chez mes hôtes, s’exclama Mélodie. Vous verriez Mamy, des pièces immenses à des niveaux différents, qui se projettent dans la nature environnante à tel point que le paysage semble pénétrer dans la maison.

Déjà, il fallut repartir pour aller admirer la vue spectaculaire que l’on a sur Chicago du sommet de la Sears Tower, depuis le belvédère situé au 103e étage, à plus de 400 mètres de haut.

- Époustouflant, avait répété Mamy.

Quel dommage de faire tout ça en quatrième vitesse, avait-elle pensé également. Elle avait repéré au cours de sa visite marathonienne, des tas d’endroits où elle aurait aimé retourner tranquillement. Elle aurait bien été incapable de se souvenir de tous les édifices qu’elle avait aperçus au passage. Etaient-ils passés devant la salle de concert du Chicago Symphonie Orchestra que dirigeait Daniel Barenboïm, à la suite de Sir Georg Solti ? Aurait-elle le temps de s’échapper pour aller visiter l’Art Institute of Chicago ? qui abritait d’admirables collections (elle s’était renseignée avant de partir), en particulier des peintures françaises des 19e et 20e siècles ; elle voulait surtout admirer les impressionnistes.

Mais, la soirée ne faisait que commencer (il était tout juste 7 heures et demi) et la voiture s’arrêta juste devant le Wabash Café. À peine arrivées, Mamy et Mélodie eurent la surprise d’être accueillies par le chef Alhi Shkodar, qui les conduisit cérémonieusement à une table où les attendaient leurs hôtes, très fiers de leur mise en scène.

L’ambiance était décidément à la bonne humeur et Mamy ne savait plus où donner de la tête. Manifestement, ses hôtes avaient voulu la mettre à l’aise en l’invitant dans un restaurant aux spécialités méditerranéennes, qu’ils avaient dû penser plus familières que des menus mexicains ou chinois. En fait, elle ne s’attendait pas à choisir parmi les plats italiens, français, espagnols, portugais et... albanais. Elle s’attendait plutôt à être invitée au Morton’s ou dans l’un de ces steaks houses où l’on sert les meilleures viandes de la région et des homards frais du Maine.

Mélodie, curieuse de tout, se lança dans le menu albanais, tandis que Mamy faisait la connaissance du professeur d’histoire de l’université de l’Illinois, qui venait d’arriver et avec qui elle passa le dîner à parler de trouvailles archéologiques.

Mais, quelle ne fut pas sa surprise lorsque vers 9h le professeur suggéra d’aller à l’Art Institute of Chicago, où la fameuse collection se trouvait exposée en ce moment. Elle pourrait donner son avis sur quelques-unes des pièces, en particulier certains vases anciens.

- Oh, vous croyez ? à cette heure ? s’étonna-t-elle.

- Il y a tellement de visiteurs toute la journée, nous avons pensé... si cela peut vous être agréable, Madame, peut-être seriez-vous plus confortable, suggéra fort aimablement le professeur avec une délicieuse faute de français, qui fit pouffer de rire Mélodie, mais qui n’effleura même pas l’esprit de Mamy.

Comment aurait-elle pu résister au charme légèrement suranné de cet homme ? Et puis, il faut dire que la curiosité l’emportait sur la fatigue. Quant à Mélodie, elle jubilait de cette chance, ignorant qu’Alfrèdo et Mamy avaient déjà eu droit à une visite exceptionnelle et surprenante, lorsque le gardien du Musée de Genève leur avait fait découvrir, après la fermeture, la salle burgonde. L’appétit de la jeunesse et la gourmandise lui avaient fait oublier, au cours du repas, les précautions habituelles qu’elle prenait pour maintenir sa ligne ; du coup, elle fut trop impatiente pour attendre le dessert et c’est elle qui précipita les choses.

- Vous êtes sûres que vous ne voulez pas de dessert ? s’enquit l’un des hôtes en réclamant la carte d’un geste.

- Oh non merci, nous avons déjà trop mangé, s’empressa de répondre Mamy, avec un léger regret tout de même pour cette disgrâce de la gourmandise.

Après avoir parcouru quelque distance en voiture (les hôtes s’étaient excusés, peut-être pour laisser tranquilles les spécialistes ?), il faisait nuit lorsque le chauffeur se gara devant le musée, à quelque distance de l’escalier monumental et de ses deux lions de bronze qui semblaient dormir devant l’entrée.

L'Art Institute chicago de nuit

L’avenue était déserte à cette heure et, comme le musée était fermé, bien entendu, le professeur fit entrer Mamy et Mélodie par une porte de service, dont il possédait une clé. Puis, ils suivirent des couloirs réservés au personnel et après quelques détours par les réserves (Mamy brûlait d’envie de s’arrêter à chaque instant pour ouvrir tel ou tel tiroir dont le contenu annoncé par une affichette poussiéreuse et vieillie laissait présager des trésors), ils débouchèrent dans une grande salle d’exposition, qui révéla, à la lumière des néons, une quantité impressionnante de poteries funéraires, poteries noires allobroges de Vienne, amphores à huile et à vin de l’époque gallo-romaine, mais également des vestiges d’époques antérieures.

- Tous ces objets proviennent de la Sapaudia ?

- Absolument, Madame, la Sapaudia étant un bien grand mot pour désigner une assez vaste région autour de Genève.

Mamy était encore plus impressionnée qu’à Genève et craignit un instant de ne pas être à la hauteur, car plusieurs pièces, qu’elle avait déjà repérées d’un coup d’oeil, étaient complètement nouvelles pour elle. C’est pour cela qu’elle préféra rester sur sa réserve, tandis qu’elle allait de vitrine en présentoir, s’arrêtant sur tel objet qu’elle étudiait un long moment, passant rapidement sur d’autres.

Dans son comportement, le professeur montrait qu’il était très respectueux de sa façon de faire et semblait approuver de légers hochements de tête son attitude attentive et, comment dire, professionnelle devant ces trésors du passé.

Ici des haches de l’âge du bronze : haches-spatules, haches à lame élargie, haches à rebord, haches à talon.

Là des bracelets du Hallstatt final, alors qu’en Savoie il y avait si peu de vestiges de ce premier âge du fer, 500 à 700 ans avant JC.

Une vitrine de la Tène, le deuxième âge du fer de 450 ans avant JC à l’invasion romaine, avec des bracelets et des bagues en argent, des fibules en fer à inclusion de corail, des pièces de monnaies d’argent.

Quand elle eut fini d’admirer tous ces trésors, Mamy revint sur certains vases et se risqua à quelques commentaires, lorsque le professeur constata à son intention :

- Justement, nous avons des doutes sur ces objets. Ne les pensez-vous pas plus tardifs que ne l’indique notre étiquette ?

- Certainement ! Ce sont des poteries sigillées imitées des poteries rouges d’Arezzo. Mais elles ne datent que de l’époque gallo-romaine.

À partir de cet instant Mamy devint intarissable.

Ce qui provoqua l’admiration de Mélodie. Elle avait entendu parler des Étrusques, naturellement, mais elle ignorait que les poteries d’Etrurie étaient noires à partir du 8e siècle avant JC, puis rouges à partir du 3e siècle avant JC. En fait, elle commençait à s’ennuyer un peu parmi toutes ces vieilleries, somme toutes en assez mauvais état pour la plupart, lui semblait-il.

Oubliant qu’elle parlait à un professeur d’histoire probablement très calé sur ces questions, Mamy continua :

- Vous voyez ces petites irrégularités ici, bien sûr avec la vitre ce n’est pas facile à discerner, elles témoignent d’un tour de main perdu en quelques centaines d’années, qui signait les vases originaux.

Le professeur s’excusa d’être dans l’impossibilité d’ouvrir les vitrines (peut-être y avait-il un système d’alarme qui l’interdisait ? ou tout simplement peut-être ne savait-il pas comment faire).

- À notre époque on se plaint de la concurrence sauvage des pays asiatiques, Hong-Kong, Taïwan ; En fait, ce n’est pas nouveau : déjà à la Graufesenque, puis dans un foisonnement d’ateliers les Gallo-Romains copiaient les poteries d’Étrurie. La production industrielle leur permit de conquérir les marchés de l’Empire, jusqu’à éliminer leurs concurrents italiens. Ensuite au 2e siècle, concentration oblige, Lezoux élimine impitoyablement la Graufesenque et se partage le marché de la production de masse avec Rheinzabern, Trèves et Argonne.

Le professeur acquiesça de la tête et demanda :

- À votre avis Madame, vous m’excuserez de mon impolitesse à vous poser pareille question, mais, vous comprenez...

- Bien sûr, le rassura Mamy, dites-moi cher professeur...

Mélodie sourit pour elle-même et commença à croire que Mamy avait bu un peu trop de Cabernet Sauvignon de Napa au restaurant.

- Eh bien... pensez-vous que nous possédions le fameux vase de Saint-Martin parmi tous ces objets ?

Mamy fixa le professeur un instant dans les yeux, se dirigea d’un pas décidé vers l’un des présentoirs du centre de la salle et déclara :

- Il est là !

- Oh, laissa échapper le professeur.

Mélodie était totalement subjuguée par la culture et la distinction aristocratique de Mamy.

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