15 . Dix huitième nocturne

Joz interrogeait son dessin. Il cherchait à en trouver la signification cachée, la clé. Qu'en dit-il ?

L'Arrivée du cosmonaute.

Une ligne sinueuse suggère le désert. Une immensité légèrement ondulée. Il fait nuit. La page est blanche, mais il fait nuit. Le Soleil est couché, la Lune pas encore levée. Dans le ciel, une apparition étrange semble flotter, comme le ludion entre deux eaux. C'est un lieu vide qui demande à être habité, visité par l'étrange. Qui ? demande.

Ou encore : Visite à Sypha.

Le survol, dans la nuit cosmique, du désert minéral de Sypha. Un lieu vide, inhabitable, visité par un humain; un garçon ? une fille ? Que cherche-t-il ? que cherche-t-elle ?

Ou encore : Départ improbable.

Un jour, tu partiras en laissant ta porte ouverte. Sans au revoir, ni adieu. Il n'y aura pas de retour, penses-tu. Et là, tu ne laisseras rien. Rien qu'une étendue vide, désertique, inhabitable, incompréhensible. Ils sont tous là, pourtant, sur le bord de mon rêve. Et moi : où suis-je ?

Pourtant cette chose étrange, qui semble flotter sur la gauche du dessin, ne s'en va pas : elle serait située sur la droite. Pour celui qui lit habituellement de gauche à droite, c'est une arrivée, pas un départ. En même temps, il est curieux de penser que pour celui qui lit l'arabe, c'est l'inverse qui se passe.

Et pour un chinois ? un japonais ?

Joz fit pivoter la feuille d'un côté, de l'autre.

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