Le fax-là... mon... vieux !
- Personne ne me demande des nouvelles de la France ?
Silence.
Alfrèdo et Mélodie se tassent sur leur siège. Aïe aïe aïe ! la France; elle était restée bien loin de leurs pensées jusqu'à présent, avec le collège et le voyage scolaire...
Mr Tsong, éclate franchement de rire en voyant la tête de ces deux-là et leur explique :
- Rassurez-vous, j'ai prévenu tout le monde de vos aventures. Mais le plus incroyable, c'est que personne n'était au courant de votre arrivée à Bayreuth !
- Personne ? s'écrie Alfrèdo.
- En effet : Alfrèdo, tu avais été rayé de la liste au collège et ton père est parti avec le car des élèves sans savoir que tu prendrais le train avec Mélodie.
- Mais le collège devait prévenir... s'étonne Mélodie.
- Hé oui, c'est ce qu'ils ont fait; ou du moins, c'est ce qu'ils ont cru faire. Mais un fax s'est perdu dans la nature, entre la France et l'Allemagne, et personne n'a pensé à vérifier !
- Aaaah... le fax-là, mon vieux, c'est pas bien. Pas bien du tout ! conclut oncle Taxi en éclatant de rire.
Et tout le monde se mit à rire bon coeur.
Mais, il était déjà largement le temps d'embrasser oncle Taxi et à 22 h 30 l'hélicoptère emporta nos 3 amis et Mr Tsong jusqu'à Dakar Yoff, où ils embarquèrent en quatrième vitesse pour la France, après des formalités réduites au minimum.
Dans l'avion, épuisés par cette merveilleuse journée en pirogue qui s'était prolongée par la soirée d'adieux pleine de révélations au Pélican du Saloum, nos 3 amis s'endormirent comme des bienheureux et ne se réveillèrent qu'à l'arrivée à Genève au petit matin.
- Mais qu'est-ce que c'est que ces trucs ? demanda Madame Tsong à sa fille, en constatant qu'Alfrèdo et Mamadou avaient la même chose autour du bras gauche.
- C'est des grigris ! répondirent en coeur Alfrèdo et Mélodie.
- Et ça nous a drôlement bien protégés, ajouta Mamadou en éclatant de rire.
Hard, hard times
But today you're mighty glad.
'Cause your work's all through
And your battle's won
Now you'll never never be
Racing with the sun.
Des temps très durs,
Mais aujourd'hui t'es sacrément joyeux.
Parce que t'as fini ton boulot
Et que t'as gagné la bataille
À présent tu ne seras jamais jamais plus
À lutter de vitesse avec le soleil.
À l'aéroport de Cointrin, il y avait également les parents d'Alfrèdo, ceux de Mamadou, les frères et soeurs, les 3 familles, vous pensez bien...
On avait juste oublié le griot.