Introduction
Crier hurler à quoi ça sert
Tu laisses éclater ta colère
Quand tu crois aux valeurs d'hier
Tu t'enfonces tout droit en enfer.
Les 24 poèmes de ce recueil sont accompagnés de 7 musiques de l'auteur et de 46 illustrations, la plupart de l'auteur. Ces poèmes proviennent de mon blog Jardin de pierres et de mon site Feuilles d'automne. Ils témoignent d'une tentative de dire l'effondrement du capitalocène (nommé à tort anthropocène), cette période historique de destruction systématique de la vie sur Terre par quelques êtres humains, sous couvert d'idéologie capitaliste et de révolution industrielle.
Répète répète répète
répète toujours la même chose
Quand le monde change (continue de changer), on peut déplorer l'inertie des académismes, dont la conséquence est de reporter les réformes nécessaires et inéluctables. Cette poésie désenchantée est autant un cri de révolte contre l'acceptation de l'ignoble, qu'un constat terrible : c'est non seulement une période qui se termine, le capitalisme libéral finalisé en pillage généralisé, mais aussi de façon inéluctable la fin de la vie sur Terre pour les êtres humains, les animaux, les plantes. Une fin acceptée dans le cynisme, le fatalisme, la résignation ou l'indifférence.
Tout l'monde sait qu'en 2020
les humains ne valent rien
sauf le jour où, confinés
ils s'arrêtent de travailler
Loin d'être une plainte, cette poésie de l'effondrement tente de dire un autre monde possible, dans l'acceptation lucide de la réalité et la construction d'un autre rapport au monde, fait d'acceptation de l'autre (être humain, animal, plante), d'échanges pacifiques, de stratégie de survie pour minimiser la catastrophe inéluctable.
C'est une invitation à abandonner toutes les idéologies et religions qui ont conduit à l'éradication du monde, ce qu'on appelle le monde, à savoir autre chose qu'une planète vide et ravagée.
Toutes les nouvelles périodes historiques ont succédé à un effondrement. Celui-ci sera-t-il le dernier ? Un effondrement définitif après quelques millions d'années d'humanité.
À tous, êtres humains, plantes, animaux
et aux autres encore vivants
je souhaite humblement
une belle disparition.
Jacques Bouchut