Le temps qui passe...

À notre époque, en 2020, chaque minute compte, parfois les secondes ou les dixièmes de seconde. Ainsi mesure-t-on les temps des coureurs aux Jeux Olympiques. Autre exemple, on a besoin de savoir l’heure à la minute près pour prendre le train, un car ou le métro. Mais on passe son temps à courir, on est toujours pressé, on ne prend pas le temps d'écouter, de regarder, de faire tranquillement ce qu'on fait. Résultat : on zappe, on passe à autre chose avant d'avoir fini de voir, d'entendre, de faire...

Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

À l’époque médiévale, ceux qui n'avaient pas de cheval se déplaçaient à pied. On ne prenait pas la voiture, le train, l'avion, on marchait. D'autre part, le temps passait d'autant plus lentement qu'on ne savait l'heure que toutes les 3 heures.

Actuellement, dans chaque pays (sauf les très grands), tout le monde a la même heure au même moment, peu importe la position du soleil dans le ciel. D’autre part, la journée et la nuit sont divisées en 24 heures d’égale durée (60 minutes).

À l’époque médiévale, la journée était divisée en 11 parties égales, du lever au coucher du soleil. La nuit était divisée en 13 parties égales, le reste du temps. C’est ce qu’on appelle les heures canoniales. Le jour, le temps passait donc plus vite en hiver où les journées sont courtes qu’en été, car l’heure médiévale durait moins d’une heure, le jour, en hiver, et plus d’une heure en été.

Heures canoniales : croquis

Heures canoniales au Moyen-Âge, printemps été.
En jaune : heures de jour, du lever au coucher du soleil.
En bleu : heures de nuit, aurore et crépuscule compris.

Au Moyen-Âge, les clochers des prieurés et des abbayes sonnaient les heures canoniales seulement toutes les 3 heures médiévales (sauf au moment de Prime où s'ajoutait une heure de nuit). Du matin jusqu’au soir, on sonnait Prime, la 1e heure du jour au lever du soleil, puis Tierce la 3e heure, Sexte la 6e heure, None la 9e heure et Vêpres la 12e heure du jour au coucher du soleil.

Ainsi à la fin du mois d’avril en Avignon, on sonnait l'heure à environ 6 h 40, 9 h 10, 13 heures, 16 h 50, 20 h 40 de nos heures d’été actuelles (2020). L'heure de jour durait environ 1 h 16 et l'heure de nuit environ 47 mn.

À l’Abbaye de Sénanque en 1348, fin avril, on disait aussi la prière de Vigiles vers 4 h 30 du matin (il faisait nuit), celle de Laudes à l’aurore, vers 5 h 30 et le soir, on célébrait Complies à la nuit vers 23 heures Il y avait 8 prières par jour.

La journée était ainsi rythmée par le son des cloches des prieurés ou des abbayes. Ainsi, quand on sonnait Prime, la première heure, au lever du soleil à Rennes, en 1348 cela faisait une demi-heure (heure actuelle) qu’on avait sonné Prime en Avignon. Tout le monde avait la même heure, mais pas en même temps, parce qu’on vivait au rythme du soleil.

Les heures en europe, villes

Europe : fuseau horaire UTC + 1

À l’époque médiévale, quand on sonnait Prime à Brest et Madrid, on avait sonné le lever du soleil :

Si on compare avec notre époque, l’heure est la même dans toutes ces villes d’Europe, par exemple 7 heures du matin.

Petit à petit au fil du temps, on est passé d’une heure solaire variable entre le jour et la nuit, variable au cours des saisons, à une heure fixe, de plus en plus précise.

Horloge, Malcolm Lightbody

Les premières horloges datent du 14e siècle. Mais il faut attendre le 16e siècle (années 1500) pour que les gens aisés possèdent des montres et des horloges. Les horloges publiques n’ont alors qu’une aiguille pour indiquer les heures et elles sont peu précises : il faut les remettre à l’heure chaque jour. Grâce au Néerlandais Christian Huygens, ce n’est qu’à partir de 1656 que les horloges vont indiquer l’heure avec une précision de quelques secondes par jour au lieu d’un quart d’heure.

Ainsi l'histoire de Kévin et Audrey en Avignon se passe dans un monde où le temps n’a pas une grande importance, où on n’est pas à une minute près, ni même un quart d’heure. On ne savait l’heure que 8 fois par jour (24h), à condition d’entendre sonner les cloches quand les moines ou les religieuses sont appelés à la prière.

Prolongations