Volume
Au cours du mois de juillet de cet été-là, la mare était devenue un chantier poussiéreux : des piquets de 20 ou 30 cm de haut dessinaient un coeur difforme. L'espace à l'intérieur de cette limite avait été creusé de façon curieuse : c'était un volume en creux, dont la surface évoquait les fonds marins d'une maquette en relief. C'était le volume par défaut d'une épaule, d'un sein, d'un ventre.
Et de loin, l'envie vous prenait de caresser la cuisse de cette femme absente, cette fesse sensuelle.
A ce stade des travaux, une cascade de pierres empilées surplombait un premier bassin dont la profondeur ne dépasserait pas 40 à 50 centimètres. Cette cuvette s'allongeait sur le côté de la cascade jusqu'aux grands fonds, un volume en creux d'environ 80 cm de profondeur. Le diamètre approximatif de ce deuxième bassin diminuait de 2 m à 70 cm. Puis, le fond se prolongeait en remontant sur un côté, en pente douce vers le déversoir situé du même côté que la cascade.
Le deuxième et le troisième bassin évoquaient le bas d'un huit ou la partie plantureuse d'une poire, épanouis de façon dissymétrique.
Ainsi, l'eau, quand elle coulerait à nouveau dans la mare, la nouvelle mare en forme de poire, l'eau suivrait un parcours en arc de cercle, depuis la cascade jusqu'au déversoir.