Tu disais

Viens, prenons ce chemin de pierres qui monte la colline, parmi les chênes et les genévriers. Au-delà de la Ruine, les Sables, les Roches, la Forêt, le Bois du Pendu, la Bergerie.

Tu disais : nous pourrions descendre la Combe en direction de Pins Noirs. Ensuite, au-delà des noyers nous contournerons Trois Prés.

Tu disais : j'aime ce chemin qui s'en va dans la chaleur du jour et l'odeur de thym.

Il n'y a rien que ce bruit de mer. Rumeur. Que cherches-tu ? parmi les algues et les débris. Il n'y a rien, tu le sais bien.

Il n'y a rien.

Que toi

qui fuis

ta vie.

Entendre encore cette musique lancinante, enivrante, bienfaisante, la garce : c'est qu'on aime souffrir ! c'est qu'on aime ça, la souffrance, le malheur et la désespérance.

Marcher vers la mort comme on part en voyage. Penser qu'on ne s'arrêtera jamais de marcher. Qu'on pourrait disparaître en marchant, les yeux ouverts. Constater qu'on est toujours là. Que rien n'a changé.

La mort n'existe pas. C'est la vie, bien sûr. Penser en marchant sur les chemins déserts, c'est la vie. Marcher en rêvant à la vie, à la mort, l'amour ... c'est la vie, n'est-ce pas ?

Encore la vie.

La vie c'est comme on veut, n'est-ce pas ?

Se réveiller.

Ouvrir les yeux.

Respirer.

Écouter.

Tu disais : C'est tout simple la vie, tu ne crois pas ?

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