Tout va bien

Imer comprit qu'il venait de faire un affreux cauchemar. Son coeur tapait fort. Il chercha dans l'obscurité le bouton pour éclairer la lampe de chevet.

Tip !

Et la lumière fut.

Il cligna des yeux quelques instants, s'habitua à la lumière orange de la lampe. Naturellement, il n'y avait rien de tout ce qu'il avait vu en rêve. Il était dans son lit, ici, pas celui de sa chambre d'enfant. Et il voyait l'armoire en noyer en face de lui, à un angle de la pièce. Puis, le vaisselier qui sert à ranger tout un tas de bricoles. Ensuite, la vieille porte en bois cloutée, avec ses énormes gonds de porte de prison. Pour l'ouvrir, il faut soulever un loquet et pour la verrouiller, il suffit de pousser une targette à travers un anneau scellé dans le mur. Il n'y a pas de clé. Après, la fenêtre cachée par un rideau. Au-dessous, le petit meuble dans lequel sont rangés les pots de confitures. Puis, à nouveau un angle de la pièce et l'autre armoire en noyer : une penderie. Ensuite, ce qu'il voyait par-dessus l'autre lit, c'était la tenture, qui pend au fond depuis la charpente. La tenture bleue, qui cache ce coin de la chambre carrelée transformé en débarras. La porte. Elle était fermée. Derrière, il le savait, le couloir du haut, la chambre de Brazil et Pégo.

Les mains posées sur le gros édredon brodé, il avait regardé les différentes choses une par une. À présent, il était bien sur Terre, quelque part dans le Sud de la France, à Abracadir très précisément. Il faisait nuit et tout allait bien.

Imer,

assis dans son lit,

se laissa tomber sur son oreiller.

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