Le Temple de la Concorde
En la belle Sicile
Qui rêve sur son Ile
II est un site ancien d'une tranquille beauté
Qui porte sur son sol inondé de soleil
Un temple que le temps semble avoir oublié,
Celui de la concorde à nul autre pareil.
Lorsqu'un soir je le vis dans le soleil couchant
Sur les colonnes d'or, jaillissant comme un chant
Je crus vivre un instant de cette éternité
Que notre âme ressent en trouvant la beauté.
Il semblait fait d'orpaille et de rose lumière
Et se dressait si pur sur le rose du ciel
Rayonnant d'un éclat presque surnaturel
Que je crus voir surgir un poème de pierre.
Tandis qu'à son fronton roucoulaient des colombes
Longtemps je suis restée à rêver dans son ombre
À regarder la mer venir lécher les pieds
De la terre Agrigente aux milliers d'oliviers.
Qui descendait vers elle en vagues de douceur
Où dormait la cité que brûla le vainqueur
Et les restes épars de ses temples écroulés
Et de ses telamons à jamais allongés.
Nul site dévasté ne pouvait mieux porter
Cet hommage de l'homme à la paix qui délivre
À la douce concorde et sa douceur de vivre
Cet unique chef-d'œuvre à l'unique beauté.
Le soir tout doucement nous versait sa liqueur
Enivrant nos esprits ainsi qu'un précieux vin.
Peut-être était-ce encore un restant d'ambroisie
Qui mêlait son arôme avec la poésie,
Mais la paix dans mon cœur
Avait un goût divin...
Agrigente - Sévrier
Le temple dédié à un dieu inconnu,
le seul resté debout depuis des siècles
a été nommé ainsi à la suite
de la découverte d'une pierre portant le mot
CONCORDIA