Le Chemin entre les asphodèles

À Roger

Viens mon ami,

 

Viens ! Appuie-toi sur mon bras.

Nous marcherons un peu le long de ce chemin

Qui serpente et musarde entre les asphodèles,

Et le temps qui nous piège sera notre complice.

 

Viens ! Il fait bon ce soir et le soleil est doux

Qui descend lentement derrière les sommets

Et de ses derniers feux embrase notre ciel.

Notre lac est si beau, tout près de s'endormir.

 

Viens ! Tout en cheminant, nous parlerons un peu

De ceux que nous aimons et de notre jeunesse

Et nous appellerons nos meilleurs souvenirs

Pour qu'ils nous accompagnent comme de bons amis.

 

Viens ! Mon aimé, secourons nos vieux membres lassés

La vie est toujours là, si elle est bien plus lente

Et l'amour si fougueux de nos jeunes années

Est plus tendre aujourd'hui, pour avoir tant duré.

 

Viens ! Nous nous reposerons sur le vieux banc de pierre

Et la main dans la main, savourant la douceur

De s'être tant aimés et de vieillir ensemble

Nous goûterons la paix de ce beau soir d'été,

 

Appuyés l'un sur l'autre, allons encore un peu,

Le long de ce chemin, entre les asphodèles

Qui serpente et s'en va vers notre éternité...

Sévrier - Août 1990

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