Abbaye de Tamié
Entre chien et loup
S'agenouille le jour en ce vallon désert
Où l'abbaye silencieuse
Découpe la patine de ses pierres
Sur un ciel de complies.
De peur de troubler ce silence
Où s'endort la montagne
Les pas s'allègent du poids des heures.
Dans les feuillages et les pessières
Les oiseaux se sont tus.
Seule, dans le vitrail de la chapelle,
Comme venue d'outre monde
Une petite lumière nous appelle
Témoin de l'invisible présence.
Et l'esprit se perd à rêver
De plénitude et d'infini...
Tandis que nous entrons
Orants, silencieux, de la tombée du jour
Une paix surnaturelle
Lentement nous pénètre...
Dans la pénombre mystérieuse
Immobile en sa coule blanche
Comme vêtu de lumière
Un moine... en contemplation
Au seuil de l'illimité...
Septembre 1998