Un soir de parfaite douceur
C'était un soir de parfaite douceur
Plus de bruit alentour, à peine une senteur
Un arôme léger de pomme qui mûrit
Flottait dans le jardin qui attendait la nuit.
Allongée au couchant, je regardais l'espace
Et dans l'air tiède encor, les nuages qui passent
Vagabonds de toujours, changeant comme la vie
Quand s'éleva le chant, pur comme un cristal
D'un merle énamouré semblant au paradis.
J'oubliais mes soucis, tout ce qui me fit mal
J'oubliais tous mes maux et mes lointains printemps
Mon corps semblait flotter bien au-dessus du temps
Et le monde en détresse et sa faim, sa misère
N'étaient pas plus réels que massacres et guerres.
Seuls régnaient la tendresse et la sérénité
Et dans la paix du soir, un hymne à la beauté.
Prix Salamandre Grenoble 1996
Et prix poésie contemporaine