Introduction
Un léger clapotis court entre les roseaux
Janine Bouchut avait commencé à rassembler quelques poèmes sous le titre Clapotis. Les clapotis de ce recueil évoquent, bien sûr, ces bruits d'eau au bord du lac et toute la vie dans les roseaux. Mais ici, en 32 poèmes, ce sont aussi des choses de la vie qui s'entrechoquent dans l'esprit de Janine.
C'est le lac murmurant qui entre en confidences
Ou encore :
Dans l'air léger
tinte la cloche de la petite chapelle
Ou encore :
Comme une libellule dansant dans le soleil
revient un songe bleu
Et ceci :
Au jardin de la nuit
fleurissent les étoiles
Méditation sur la vie qui passe, fines observations de la nature, pour Janine tout est objet de curiosité et d'émerveillement.
Un arôme léger de pomme qui mûrit
Flottait dans le jardin qui attendait la nuit.
Quand vient le deuil, c'est encore en complicité avec la nature et tout en délicatesse que Janine exprime son amour.
Et tourne le milan noir au-dessus de mon cœur
embrumé de tristesse
et vivants souvenirs
Ainsi que :
Douceur de l'instant volé au temps
où se retrouvent les cœurs séparés
Janine Bouchut (1920-2008) était passionnée par la nature, cherchant à capter un moment, une ambiance, l'âme d'un instant fugitif. Ses poèmes témoignent d'une profonde adhésion au monde, d'un émerveillement, d'une aspiration au bonheur qui déborde et vous porte vers l'absolu, l'infini.
Vers la fin de sa vie, je l’ai aidée à chercher des éditeurs pour une publication papier de quelques textes. En vain.
À son grand regret et celui de ses enseignants, Janine Bouchut a quitté l’école en fin de 3e. Elle a gardé de cette frustration une grande curiosité et une soif de connaissance tout au long de sa vie. Arrivée à sa retraite de libraire, Janine s'est mise à peindre et à écrire des poèmes et des nouvelles. Ce sont des cartons de textes qu’elle a légués, en souvenir, à ses enfants et petits-enfants.
Janine a été membre sociétaire de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France). Elle a obtenu :
- en 1995 à Chambéry, le 1e prix de nouvelles pour Brunon, publié dans la revue Art et Poésie
- en 1996, le 1e prix de poésie vers libres à Grenoble et le 1e prix de poésie Salamandre
- en 1997 à Chambéry le 3e prix poésie vers libres
- en 1998 le prix Sévigné
- en 2004 le prix Terpsichore (thème : la Lumière) Aube.
Janine a été publiée dans la revue Art et Poésie, Florilège des meilleurs recueils du concours Bugey Savoie Alpes Dauphiné 2000, pour son recueil Dans les pas du soir : À la lisière des mots, Le rire d'Érika, Un matin souriant.
En 2013, j’ai publié en livre numérique sa nouvelle Brunon, le dernier ours des Bauges, accompagné d'un texte dont je suis l’auteur.
Lectrice, lecteur, que ces clapotis vous emplissent de bonheur.
Jacques Bouchut