Barbara Truffaut et Roger Hitchcock

Barbara était une femme extraordinairement combative. C'était la grand-mère maternelle de ma femme, très amoureuse de son défunt mari : elle avait connu Roger par hasard dans un train, embarqués l'un et l'autre dans une sombre histoire d'espionnage. Elle disait que Roger avait été attaqué par un avion en rase-mottes, alors qu'il attendait tranquillement un car sur une route déserte. Tout cela finissant au Mont Rushmore en escalade meurtrière.

Malgré sa modestie quand Barbara évoquait l'affaire, il paraissait évident que son esprit d'initiative et sa volonté farouche avaient été déterminants quant à l'issue du drame : pris dans la toile d'araignée d'un complot meurtrier, Roger s'en était sorti grâce à la présence d'esprit et à la détermination de Barbara. Curieusement, elle parlait parfois de son patron, dont elle aurait été la secrétaire et qu'elle aurait caché, prenant l'affaire en mains.

Avec le recul, je me rends compte à quel point cette histoire évoquée à plusieurs reprises n'avait ni queue ni tête, et comment il me serait difficile d'en parler autrement qu'en l'évoquant. Et pourtant, lorsqu'elle me racontait avec jubilation cette aventure initiale (à l'origine de toute sa vie, sa vraie vie), cette folle aventure, captivante et pleine d'humour, j'étais rivé à ses lèvres, scotché, comme au cinéma, à l'écran.

Tout ça c'est du cinéma

Suite Jaume