Quand je pense à ma famille
Hunter et Travis dans le visage de Jane - Paris Texas de Wim Wenders
Quand je pense à ma famille, comme dans un paysage de brouillard. Quand je pense à ma famille comme dans un théâtre d'ombres. Toutes ces vies extraordinaires dont je ne connais rien, si peu, ces gens attachants, de fortes personnalités pour beaucoup, je me demande Est-ce la même chose chez les autres ? Que sait-on de nos familles, quand on remonte les générations au-delà des grands-parents ? Parfois je me dis que tout cela n'est qu'un rêve, que je suis de passage, comme au cinéma, film après film.
Mujea dit ceci
Tout cela est bien mystérieux.
Finalement, je me rends compte que je me suis prise à ton jeu, Jaume. Et c'est déjà fini, quel dommage. Chaque personnage se confond avec son actrice, son acteur.
Mais aussi tous ces films dont tu n'as pas parlé, qui arrivent à la mémoire, sortis des profondeurs de l'oubli, comme dans Je t'aime, je t'aime, ces bulles de vie passée qui remontent à la surface d'une eau trouble.
Tous ces instants de cinéma qui se bousculent dans ma tête, ces images inoubliables, ces musiques, comme celle, étrange, de Profondo Rosso (Giorgio Gaslini, pianiste, et Goblin, groupe de rock progressif italien).
Je dis bien instants de cinéma, parce que, note bien Jaume, ta famille cinéma pour de vrai, je n'y crois pas une minute.